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Les vitraux anciens du collatéral Sud

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Les vitraux du Collatéral Sud appartiennent à trois époques différentes, XVe, XVIe, XVIIe siècles. Les trois premiers en partant du bas de l’église ont été restaurés en 1915, sous la direction de MM. Guët et Malençon, architectes des Monuments Historiques.
Au cours des âges, plusieurs pièces de ces verrières furent altérées, puis remplacées, sans ordre, par des pièces étrangères, empruntées à d’autres verrières parfois d’époques différentes, si bien que ces vitraux étaient presque illisibles, garnis de panneaux en désordre, remplis de pièces étrangères et souvent posés à l’envers.



La verrière de la 3ème travée représente le Jugement Dernier. Elle est datée de 1557.
La composition est enfermée dans un cadre d’architecture constitué par un portique, un fronton, des volutes.
Dans la partie haute, le Christ paraît assis sur l’arc-en-ciel, pour juger les vivants et les morts. Il tient d’une main l’épée, de l’autre le rameau de la paix. Un panneau entièrement neuf - Le Corps du Christ – a été fait pour relier les panneaux supérieurs de la verrière aux autres.

« Au-dessous, la Vierge et St Jean-Baptiste sont intercesseurs à genoux, et dégagés des nuages. Des anges vus à mi-corps sonnent de la trompette. Au milieu St Michel porte la balance. Le tout est sur fond bleu et sur fond or. Plus bas, trois panneaux incomplets représentent la Résurrection des Morts, les anges séparant les bons et des méchants et les diables précipitant les réprouvés dans la grande gueule d’enfer. »
« Dans les trois panneaux inférieurs de la fenêtre, ont été recueillies diverses pièces de grisailles du XVIe siècle, de façon à constituer un semis, sur lequel se détachent des écus d’armoiries. »
« Deux de ces armoiries sont du XVIe siècle. Le premier écu est un losange entouré de la cordelière des veuves, parti au 1 de sable fascé de trois scies d’or, au 2 d’argent à trois fasces de gueules. L’autre écu est de sable fascé à trois scies d’or (armes des ducs de Brissac) ; les deux autres armoiries sont du XVIIe siècle. »

Signalons que les ducs de Brissac furent seigneurs de La Guerche de 1562 à 1673.
François de Cossé, Duc de Brissac, pair et grand panetier de France (le Grand panetier de France était l’un des grands-officiers de la cour du roi de France), Seigneur de La Guerche, épousa, dans la Collégiale, le 17 février 1621, Guyonne de Ruellan, fille de Gilles Ruellan, fameux aventurier, qui commença à faire une fortune considérable en transportant les toiles d’Antrain à St Malo, et en faisant le trafic d’armes, pendant les guerres de Religion.

Dans la partie haute de ce vitrail, nous observons trois armoiries. Les deux premiers écus sont aux armes du duc d’Alençon : d’azur à trois fleurs de lys d’or, à la bordure cousue de gueules, chargée de huit besants d’or. Le troisième écu est parti d’Alençon et de Bretagne.
Dans la partie basse, le duc d’Alençon, revêtu de sa cotte d’armes, est à genoux, présenté par St Jean-Baptiste, son patron.
C’est Jean 1er, duc d’Alençon, qui épousa en 1396 Marie de Bretagne, fille aînée de Jean V, duc de Bretagne et de Jeanne de Navarre.

Ces panneaux ont donc été exécutés entre les années 1396, date du mariage de Jean 1er d’Alençon, et 1415, date à laquelle il fut tué à la bataille d’Azincourt.

Dans un panneau voisin, nous voyons une tête de femme très altérée, coiffée du hennin, probablement la duchesse, femme du duc d’Alençon.

Dans un autre panneau plus complet, un chanoine à genoux, avec un phylactère, portant invocation à St Jean-Baptiste, est présenté par l’archange St Michel, lequel porte la balance du pèsement des âmes, qu’un diable cherche à fausser. img801|center>

« La fenêtre de la quatrième travée représente, dans sa partie haute, le Couronnement de la Vierge. »
Un cercle de chérubins rouges entoure la Trinité. On voit aussi, dans un cercle de nuages, les quatre Figures Symboles des Évangélistes.
Un septième panneau représente Saint Michel allant au combat contre les mauvais anges. En bas du panneau, à gauche, est une tête d’homme coiffée d’un turban.
« Un panneau nouveau a été composé de pièces qui n’ont pas trouvé place ailleurs. »
Tous ces morceaux sont du XVIe siècle. Ils entourent un écu de la fin du même siècle : d’argent à l’aigle de sable déployé, au bâton, de gueules en bande.
« Au-dessous de ces panneaux, trois grandes armoiries du XVIIe siècle représentant encore les armes des ducs de Brissac. »

« Un dernier panneau très intéressant, du XVe siècle, représente Dieu le Père assis sur une cathèdre. L’exécution de la tête est remarquable, toute en petits traits minutieux. »

Cette quatrième verrière fut magnifiquement restaurée par les soins de M. l’Abbé Sauvé, en 1888. Elle est de toutes les autres la plus complète et la plus richement décorée.
Cette verrière porte sur un cartouche la date de 1536. Elle représente l’Annonciation. Marie est à genoux sous un riche dais de pourpre. L’archange Gabriel apparaît porté sur un nuage, tenant en main un sceptre qu’il présente à Marie.
L’évêque de Rennes, Yves Mayheuc, est agenouillé près de la Sainte Vierge. Derrière le prélat se tient son Patron, Saint Yves, revêtu d’une longue robe rouge avec un surcot d’hermines et un rouleau de papier dans la main.
Aux pieds d’Yves Mayheuc, deux petits anges tiennent l’écu épiscopal : « D’argent à trois mouchetures d’hermines de sable, au chef d’or chargé de trois couronnes d’épines de sinople ».

Ce dernier vitrail moderne n’a rien de commun avec les précédents. Il est en quelque sorte la signature de l’abbé Sauvé, en reconnaissance des nombreux travaux entrepris pour la restauration de l’église.
De l’atelier Lecomte et Colin (1895) Nous y apercevons, d’abord, une scène grandiose qui attire et fixe le regard : la France couronnée, revêtue d’un riche manteau royal, en présence de Jeanne d’Arc et sous les plis du glorieux étendard de Patay, offre la basilique nationale de Montmartre au Sacré-Cœur.
Mais on semble en deviner une seconde, plus modeste, qui se déroule à l’arrière : M. l’abbé Sauvé offrant et consacrant au Divin Cœur l’église paroissiale de La Guerche, restaurée par ses soins.
D’ailleurs, ce bon ouvrier de la Maison de Dieu apparaît au second plan, en même temps que les chefs du diocèse : Son Éminence le cardinal Place et Monseigneur Gomidard, son coadjuteur apportant leur approbation au beau travail qui vient d’être achevé.

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Mis à jour le jeudi 6 février 2020