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Le Chœur, l’autel Regnault, l’orgue et les stalles

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La démolition de l’autel d’Arthur Regnault en 1970.
Les destructions causées dans les années 1960-1970 suite au concile Vatican II n’auront pas épargné la basilique Notre-Dame de La Guerche.
Pour permettre une célébration des offices face aux fidèles, la table de communion sera la première à être supprimée et un modeste autel en bois posé sur une estrade sera installé au-devant de l’autel principal.
Masquant les stalles et jugé trop encombrant, l’autel de Regnault sera totalement supprimé en 1970. La démolition n’aura préservé que la table d’autel qui sera remisée dans une dépendance du presbytère.


L’autel d’Arthur Regnault
La table de communion consistait en un harmonieux et très artistique assemblage de gracieux motifs de décoration en fer forgé, entourés de robustes cadres en granit richement sculptés.

À la base du retable, étaient creusés dans la pierre des sortes de loculi, rappelant ceux des catacombes. De nombreuses reliques de saints y reposaient, enfermées dans de précieuses chasses dorées.

Dans les parties planes de ce retable, entre de légers contreforts qui les séparaient, étaient peints sur fond or des anges rappelant ceux de Fra Angelico.

Tout en haut de chaque côté, surgissait une multitude de petits clochetons très effilés. Ces clochetons accompagnaient une flèche dressée sur le tabernacle, s’élançant hardiment presque sous la voûte du chœur, donnant à l’ensemble de l’ouvrage beaucoup de grâce et de légèreté.

En 1984, l’abbé Mieuzet, curé de la paroisse, confiera à l’entreprise Guiffault la remise en place de la table d’autel, seul élément préservé de l’autel Regnault.

L’orgue
Construit par la manufacture Louis Debierre de Nantes, l’orgue est doté de 18 jeux répartis sur deux claviers manuels et pédalier.
Il fut offert par M. Racin, généreux donateur.
Inauguré par Camille Saint-Saëns, le 3 avril 1889, il occupe le fond de l’abside, entre les deux rangées de stalles.
Le buffet néo-renaissance et la partie instrumentale ont été classés au titre des Monuments Historiques le 14 avril 2005.

Les stalles du chœur 1520 – 1530
Les stalles étaient le mobilier le plus caractéristique du choeur des cathédrales, des abbayes ou des collégiales ; celles de La Guerche méritent de compter parmi les plus célèbres de France, à cause de leur stupéfiante irrévérence…
Réduites à 9 de chaque côté, elles devaient être 12, sans parler des stalles basses, disparues.

Les stalles hautes côté nord : aperçu de la jouée haute et des sièges
Les parties hautes des panneaux d’entrée permettent d’admirer un fantastique enchevêtrement de personnages et d’animaux, évoluant au milieu de gracieuses arabesques.

Le panneau d’entrée de gauche nous montre dans sa partie inférieure un personnage vêtu d’une longue robe, et portant une couronne d’épines, en souvenir, sans doutes, d’Yves Mahyeuc, dévot serviteur de Notre-Dame de La Guerche, évêque de Rennes de 1507 à 1541, et sous l’épiscopat duquel les stalles ont probablement été faites.
Ensemble nord : vue générale de la jouée

Au Nord, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre, la création d’Adam et Eve, la tentation, le renvoi, etc.


La miséricorde, également appelée patience ou crédence, est une petite console fixée à la partie inférieure du siège pliant d’une stalle de chœur. Elle permet au moine qui participe à l’office divin de prendre appui sur elle lorsqu’il se tient debout et que son siège est relevé.

Détails des miséricordes



Des stalles hautes côté sud : aperçu de la jouée haute et des sièges.


Le panneau d’entrée de droite représente, dans sa partie inférieure, Judith, brandissant d’une main un glaive, et de l’autre, tenant la tête d’Holopherne. (Holopherne est un personnage du livre de Judith, Général envoyé en campagne par Nabuchodonosor)

L’envieux, désirant les choses les plus invraisemblables, est ici représenté. Il va jusqu’à vouloir croquer la lune avec ses dents.

Au Sud, les miséricordes représentent les péchés capitaux, sous des scènes extrêmement pittoresques voire irrévérencieuses.
Ici, c’est un ivrogne couché par terre et buvant encore dans son petit baril, pendant qu’on essaie de le relever.
Détail des miséricordes

Les orgueilleux qui veulent remplir l’univers de leurs exploits.

Images où sexe et violence sont bien présents, où l’ordre côtoie le désordre, la beauté, l’horreur. Du bucrane, symbole de la Renaissance, glissent des serpents.

Outre les miséricordes, les panneaux des dossiers méritent attention. Ci dessous, un homme nu défèque sur un prédicateur, un autre montre ses fesses à un gendarme, une femme soulève ses jupes.


Animal musicien dans un décor d’entrelacs végétaux sortant d’un vase central
Singe jouant de la cornemuse.

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Mis à jour le jeudi 6 février 2020